Destruction des emplois junior par l’IA : la France aussi ?

12/01/2026

L'intelligence artificielle ne bouleverse pas seulement les métiers.
Elle bouleverse la manière d'entrer dans le monde du travail.

En France, le débat est souvent plus nuancé qu'aux États-Unis : moins de licenciements massifs, plus de prudence réglementaire, davantage de protection sociale.
Mais derrière cette apparente stabilité se cache une transformation plus silencieuse — et potentiellement plus profonde.

Les emplois juniors sont les premiers à être fragilisés.
Non pas parce qu'ils disparaissent tous, mais parce que leur fonction historique change radicalement.


L'IA ne détruit pas d'abord des emplois, elle supprime des étapes

C'est l'un des angles morts du débat public.

Pendant longtemps, les emplois juniors ont joué un rôle fondamental :

  • permettre d'apprendre par la répétition,

  • se tromper sans conséquence majeure,

  • acquérir des automatismes,

  • observer des seniors,

  • construire progressivement une posture professionnelle.

Or, l'IA automatise précisément ces tâches intermédiaires :

  • rédaction,

  • synthèse,

  • analyse de premier niveau,

  • reporting,

  • support opérationnel.

Résultat :
les "marches" qui permettaient de monter en compétence disparaissent plus vite que les emplois eux-mêmes.

Ce phénomène ne se voit pas immédiatement dans les chiffres du chômage. Mais il se ressent très fortement dans les parcours.


Pourquoi les juniors sont particulièrement exposés

Les profils débutants sont structurellement plus vulnérables face à l'IA pour trois raisons principales :

  1. Ils n'ont pas encore construit leur légitimité professionnelle

  2. Leur valeur reposait souvent sur l'exécution de tâches aujourd'hui automatisables

  3. Ils sont évalués sur leur productivité plus que sur leur posture

Dans un monde où une IA peut produire rapidement ce qu'un junior faisait hier, la question devient brutale :

"À quoi sert encore un débutant… s'il ne sait pas encore arbitrer, décider, contextualiser ?"


La France est-elle protégée ? En partie seulement

La France bénéficie encore :

  • d'un cadre social protecteur,

  • d'un déploiement plus progressif de l'IA,

  • d'une culture managériale moins brutale que celle de certaines entreprises américaines.

Mais cette protection a un revers, elle ralentit la prise de conscience.

Les jeunes diplômés, y compris issus de grandes écoles, constatent :

  • une baisse des opportunités d'entrée,

  • des attentes plus élevées dès les premiers postes,

  • une pression accrue à "être opérationnel immédiatement".

Le marché ne s'effondre pas.
Il se referme par le bas.


Le vrai risque : une génération compétente mais désorientée

Le danger principal n'est pas le chômage massif. C'est l'apparition d'une génération de jeunes professionnels :

  • très formés techniquement,

  • à l'aise avec les outils numériques,

  • mais privés d'espaces pour construire leur posture professionnelle.

Or, la posture ne s'apprend pas dans les outils.
Elle se construit dans :

  • la confrontation,

  • la prise de responsabilité progressive,

  • l'erreur accompagnée,

  • la réflexion sur sa place et son rôle.

L'IA accélère les processus,
mais elle ne forme pas à la responsabilité.


Former ne suffit plus : il faut accompagner les transitions

C'est ici que le débat change de nature.

On parle beaucoup de formation :

  • formation à l'IA,

  • formation continue,

  • montée en compétences techniques.

C'est nécessaire.
Mais ce n'est pas suffisant.

Car la transition que vivent les juniors aujourd'hui n'est pas seulement technique.
Elle est :

  • identitaire,

  • psychologique,

  • relationnelle,

  • parfois existentielle.

Qui suis-je professionnellement, si ce que je fais peut être fait par une machine ?
Où est ma valeur ajoutée ?
Comment devenir légitime sans passer par les étapes d'avant ?

Ces questions ne trouvent pas de réponse dans un module e-learning.


Le rôle du coaching dans cette transition IA / emploi junior

C'est précisément à cet endroit que le coaching prend tout son sens.

Non pas comme un outil de performance, mais comme un espace de construction de posture.

Dans un contexte où :

  • les repères traditionnels s'effondrent,

  • les trajectoires sont moins linéaires,

  • l'IA redistribue les cartes plus vite que les organisations,

le coaching permet de :

  • mettre des mots sur ce qui se joue réellement,

  • travailler la légitimité sans attendre la reconnaissance extérieure,

  • clarifier sa place dans des environnements hybrides humain / machine,

  • développer une capacité de recul que l'IA ne fournira jamais.

Pour les jeunes professionnels, mais aussi pour :

  • les managers qui doivent intégrer des juniors différemment,

  • les dirigeants qui repensent leurs équipes,

  • les parents qui s'inquiètent de l'avenir professionnel de leurs enfants.


Accompagner l'Entre-Deux : ni ancien monde, ni promesse naïve

Beaucoup de jeunes se retrouvent aujourd'hui dans un Entre-Deux inconfortable :

  • trop qualifiés pour certains postes,

  • pas assez expérimentés pour d'autres,

  • coincés entre un discours rassurant sur l'avenir et une réalité plus exigeante.

Le coaching n'a pas pour rôle de promettre un futur radieux.
Il sert à :

  • habiter cet Entre-Deux sans se perdre,

  • transformer l'incertitude en capacité d'adaptation consciente,

  • éviter de compenser par une sur-performance ou une sur-adaptation destructrice.

Et pour les entreprises ?

Accompagner la transition IA / emploi junior, ce n'est pas seulement "former à l'outil". C'est aussi :

  • créer des espaces de transmission autrement,

  • accepter que la montée en compétence ne passe plus uniquement par l'exécution,

  • soutenir la construction de la posture professionnelle dès le début.

Les organisations qui réussiront demain seront celles qui :

  • sauront intégrer l'IA sans sacrifier l'apprentissage humain,

  • comprendront que la valeur d'un junior ne se mesure pas uniquement à sa productivité immédiate.


La France n'échappera pas à la transformation, mais elle peut mieux l'accompagner

Non, la France ne connaît pas aujourd'hui une destruction massive et brutale des emplois liée à l'IA.
Oui, les emplois juniors sont profondément reconfigurés.
Et oui, cette transition peut être violente si elle n'est pas accompagnée.

Le véritable enjeu n'est pas de lutter contre l'IA.
Il est de permettre aux nouvelles générations de construire une posture professionnelle solide dans un monde où les repères ont changé.

La formation est indispensable. Mais l'accompagnement l'est tout autant.

C'est dans cet espace — entre humain et machine, entre compétences et posture, entre ancien monde et futur incertain — que le coaching trouve aujourd'hui toute sa pertinence.


Pour aller plus loin

J'accompagne :

  • des jeunes professionnels confrontés à ces transitions,

  • des dirigeants et managers qui repensent leurs organisations à l'ère de l'IA,

  • des personnes qui vivent cet Entre-Deux professionnel et identitaire.

Pas pour donner des réponses toutes faites.
Mais pour aider à tenir une posture juste dans un monde qui bouge vite.

Contacte moi ici pour un entretien gratuit de 15 minutes.