Nous sommes la somme de nos habitudes

On aime croire que nous sommes définis par nos grandes décisions.
Un choix de carrière.
Une rupture.
Un déménagement.
Un tournant de vie.
Mais dans la réalité, ce sont rarement ces moments spectaculaires qui façonnent notre existence au quotidien.
Nous sommes, bien plus souvent, la somme de nos habitudes.
De ce que nous faisons chaque jour.
De ce que nous répétons sans même y penser.
De ce que nous tolérons.
De ce que nous remettons à plus tard.
Et c'est précisément là que se joue quelque chose de fondamental — pour les femmes comme pour les hommes, pour les professionnels comme pour les parents, pour les dirigeants comme pour celles et ceux qui vivent entre plusieurs mondes.
Ce que sont vraiment les habitudes (et pourquoi elles sont si puissantes)
Une habitude n'est pas qu'un comportement automatique.
C'est une réponse apprise à un contexte donné.
Une façon de :
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penser,
-
ressentir,
-
réagir,
-
décider,
qui s'est installée parce qu'elle a, à un moment donné, servi.
Les habitudes se construisent souvent :
-
pour gagner du temps,
-
pour réduire l'incertitude,
-
pour éviter l'inconfort,
-
pour rester accepté·e dans un environnement donné.
Elles sont utiles.
Jusqu'au moment où elles ne le sont plus.
Les habitudes invisibles : celles qui façonnent notre identité
On parle souvent d'habitudes visibles :
-
se lever tôt,
-
faire du sport,
-
consulter son téléphone,
-
travailler tard.
Mais les plus déterminantes sont souvent invisibles.
Des habitudes mentales et émotionnelles comme :
-
se suradapter,
-
anticiper les attentes des autres,
-
douter de sa légitimité,
-
éviter le conflit,
-
porter seul·e,
-
ne jamais demander d'aide.
Ces habitudes-là ne figurent dans aucun agenda.
Et pourtant, elles structurent profondément notre posture.
Nous devenons ce que nous répétons
Chaque habitude répétée devient une preuve intérieure.
Si tu répètes :
-
"Je m'adapte encore une fois", tu deviens celui ou celle qui s'efface.
-
"Je décide seul·e", tu deviens celui ou celle qui porte tout.
-
"Je ne dis rien", tu deviens celui ou celle qui n'existe qu'en creux.
-
"Je gère", tu deviens celui ou celle qui n'a plus d'espace pour douter.
Peu à peu, ces répétitions créent une identité fonctionnelle :
"Je suis comme ça."
Alors qu'en réalité, tu fais juste toujours la même chose.
Habitudes et Entre-Deux : quand l'adaptation devient une norme
Pour celles et ceux qui vivent l'Entre-Deux — double culture, mobilité sociale, minorité professionnelle, changement de milieu — les habitudes prennent une place encore plus centrale.
Très tôt, tu apprends à :
-
observer avant de parler,
-
ajuster ton langage,
-
traduire les codes,
-
ne pas trop déranger,
-
être "acceptable".
Ces habitudes sont souvent intelligentes.
Elles permettent de survivre, de s'intégrer, de réussir.
Mais à long terme, elles peuvent produire :
-
une fatigue chronique,
-
une perte de clarté,
-
un sentiment diffus de ne jamais être complètement à sa place.
L'habitude de l'adaptation devient une seconde nature.
Les habitudes des décideurs et décideuses isolé·es
Chez les dirigeants, managers, entrepreneurs et entrepreneuses, certaines habitudes sont presque valorisées socialement :
-
répondre vite,
-
décider seul·e,
-
être toujours disponible,
-
absorber les tensions,
-
tenir coûte que coûte.
Ces habitudes créent une image de solidité.
Mais elles ont un coût.
À force de répéter :
-
"Je n'ai pas le temps de réfléchir",
-
"Je réglerai ça plus tard",
-
"Je dois être fort·e",
on finit par perdre :
-
la vision,
-
la capacité de recul,
-
l'accès à ses propres limites.
La posture de décideur·se devient une habitude défensive, plus qu'un choix conscient.
Pourquoi changer d'habitudes est si difficile
On croit souvent que changer d'habitude relève de la volonté.
C'est faux.
Une habitude est liée à :
-
un environnement,
-
une histoire,
-
des loyautés,
-
des peurs implicites.
Changer une habitude, ce n'est pas seulement modifier un comportement.
C'est remettre en question un équilibre interne.
Par exemple :
-
arrêter de tout porter seul·e, c'est risquer de décevoir,
-
ralentir, c'est risquer de perdre sa place,
-
dire non, c'est risquer le conflit,
-
demander de l'aide, c'est risquer de ne plus être perçu·e comme légitime.
Le cerveau préfère la sécurité connue à l'inconfort du changement.
L'illusion du "je suis comme ça"
Beaucoup de personnes confondent :
-
leur identité,
-
et leurs habitudes.
"Je suis comme ça" est souvent une phrase qui masque :
"C'est comme ça que j'ai appris à faire."
Mais ce que tu as appris, tu peux aussi le désapprendre.
À condition de distinguer :
-
ce qui te constitue profondément,
-
de ce que tu fais par automatisme.
L'impact des habitudes à l'ère de l'IA
L'intelligence artificielle agit comme un accélérateur d'habitudes.
Elle renforce :
-
les réflexes de rapidité,
-
la délégation systématique,
-
la recherche de confirmation,
-
l'évitement de l'inconfort.
Si tu as l'habitude :
-
d'éviter le doute,
-
de chercher des réponses immédiates,
-
de vouloir être rassuré·e,
l'IA va nourrir ces habitudes.
Elle est conçue pour :
-
fluidifier,
-
confirmer,
-
accompagner sans friction.
Mais elle ne questionne pas tes automatismes profonds.
Habitudes, émotion et responsabilité
Une habitude émotionnelle fréquente aujourd'hui est celle de l'apaisement immédiat.
Face à l'inconfort :
-
on se distrait,
-
on consulte,
-
on délègue,
-
on évite.
Or, grandir — personnellement et professionnellement — suppose parfois de :
-
rester dans l'inconfort,
-
traverser une émotion,
-
supporter l'incertitude,
-
différer la réponse.
Les habitudes façonnent notre rapport à la responsabilité.
Tu n'es pas prisonnier·ère de tes habitudes, mais responsable d'elles
Dire que nous sommes la somme de nos habitudes ne signifie pas que nous sommes condamné·es par elles.
Cela signifie que :
-
ce que tu fais chaque jour compte plus que ce que tu déclares vouloir,
-
ce que tu répètes façonne ta posture,
-
ce que tu tolères devient ta norme.
La responsabilité n'est pas culpabilisante.
Elle est émancipatrice.
Observer ses habitudes sans se juger
Le premier pas n'est pas de changer.
C'est d'observer.
Observer :
-
quand tu t'effaces,
-
quand tu accélères,
-
quand tu évites,
-
quand tu portes seul·e.
Sans chercher immédiatement à corriger.
L'observation crée déjà une distance.
Et la distance ouvre un espace de choix.
Les micro-habitudes qui transforment une posture
Changer de posture ne passe pas par des révolutions spectaculaires.
Mais par des micro-habitudes conscientes :
-
prendre 10 minutes de recul avant une décision,
-
formuler une limite claire,
-
poser une question au lieu d'apporter une réponse,
-
nommer un doute au lieu de le masquer.
Ces gestes simples, répétés, modifient progressivement :
-
ton rapport au pouvoir,
-
ton rapport à l'autre,
-
ton rapport à toi-même.
Habitudes choisies vs habitudes subies
Une distinction essentielle en coaching est celle-ci :
-
habitudes subies : héritées, inconscientes, défensives,
-
habitudes choisies : conscientes, alignées, assumées.
L'objectif n'est pas de supprimer toutes les habitudes,
mais de choisir celles que tu veux continuer à nourrir.
Le rôle du coaching dans le travail sur les habitudes
Le coaching n'est pas là pour "corriger" des comportements.
Il est là pour :
-
rendre visibles les automatismes,
-
comprendre leur fonction,
-
créer un espace sécurisé pour expérimenter autrement,
-
soutenir le passage du réflexe au choix.
Un·e coach peut :
-
challenger là où tu t'auto-confirmes,
-
nommer ce que tu ne vois plus,
-
t'aider à tenir un inconfort fécond.
Nous sommes la somme de nos habitudes… mais aussi de nos choix répétés
Chaque jour offre des micro-choix :
-
continuer comme avant,
-
ou faire un pas différent.
Ce pas n'a pas besoin d'être héroïque.
Il a besoin d'être répété.
Car ce sont les répétitions qui transforment :
-
une intention en réalité,
-
un désir en posture,
-
une prise de conscience en trajectoire.
Reprendre la main sur ce qui te façonne
Tu n'es pas seulement le produit de ton histoire, de ton milieu ou de ton rôle.
Tu es aussi le résultat de ce que tu fais, jour après jour.
Regarder ses habitudes, c'est reprendre la main sur :
-
son identité,
-
sa posture,
-
sa manière d'être au monde.
C'est passer de :
"Je fonctionne comme ça"
à
"Je choisis comment je veux fonctionner."
Tu te reconnais dans ces lignes ?
Si tu sens que certaines habitudes te servent moins qu'avant,
si tu as l'impression de t'adapter sans cesse,
ou de porter plus que ce qui est juste pour toi,
alors le sujet n'est peut-être pas "ce que tu dois faire de plus",
mais ce que tu continues à répéter sans le vouloir.
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