Tu veux aller vite ? Alors continue à décider seul·e.

25/01/2026

C'est souvent présenté comme une qualité.
Décider vite. Trancher seul·e. Avancer sans tergiverser.

Dans l'imaginaire collectif du leadership, de l'entrepreneuriat et de la réussite, la décision solitaire est presque une vertu.
Elle évoque la force, la clarté, l'autorité.

Et pourtant…

Chez les dirigeants, managers, indépendants et profils à haute responsabilité que j'accompagne, une réalité revient sans cesse :

Plus on décide seul·e, plus on va vite…
mais moins on va juste.

Cet article n'est pas une critique morale de la décision individuelle.
C'est une mise en lumière d'un angle mort majeur du monde professionnel actuel :
la confusion entre vitesse, efficacité et justesse.


Décider seul·e : une norme plus qu'un choix

Dans de nombreux environnements professionnels, décider seul·e n'est même plus questionné.
C'est implicite.

  • Quand tu es dirigeant·e, "c'est ton rôle".

  • Quand tu es manager, "on attend de toi que tu tranches".

  • Quand tu es indépendant·e, "tu n'as personne d'autre".

Petit à petit, la décision solitaire devient :

  • un réflexe,

  • une habitude,

  • parfois même une identité.

Tu n'y penses plus.
Tu fais.

Et tu avances.


Pourquoi décider seul·e donne l'illusion d'aller plus vite

Décider seul·e, c'est séduisant pour plusieurs raisons :

  • pas besoin d'expliquer,

  • pas de confrontation,

  • pas de négociation,

  • pas de temps perdu en discussion.

Tu passes directement de la réflexion à l'action.

Sur le court terme, c'est efficace.
Sur le moyen et long terme… beaucoup moins.

Car ce que tu gagnes en vitesse, tu le perds souvent en :

  • clarté,

  • discernement,

  • alignement,

  • robustesse de la décision.


La charge invisible de la décision solitaire

Ce que l'on dit rarement, c'est le coût psychique de décider seul·e.

Quand tu n'as personne avec qui :

  • confronter tes hypothèses,

  • déposer tes doutes,

  • tester tes angles morts,

alors tu portes tout :

  • la décision,

  • ses conséquences,

  • sa justification,

  • parfois même sa réparation.

Avec le temps, cela crée :

  • une fatigue mentale chronique,

  • une hypervigilance,

  • une difficulté à prendre du recul,

  • une solitude de plus en plus lourde.

Tu continues à décider.
Mais tu ne sais plus très bien d'où tu décides.


Décider seul·e quand on vit l'Entre-Deux

Pour les personnes qui vivent déjà dans un Entre-Deux (culturel, social, professionnel, identitaire), la décision solitaire est encore plus coûteuse.

Pourquoi ?

Parce qu'elles sont souvent :

  • habituées à s'adapter,

  • sensibles aux équilibres,

  • conscientes des impacts multiples,

  • prises entre plusieurs systèmes de valeurs.

Elles anticipent tout.
Voient tout.
Portent tout.

Décider seul·e, dans ce contexte, devient une surcharge structurelle.


Dirigeants et managers : quand la décision devient réaction

Chez beaucoup de dirigeants et managers, la décision solitaire glisse progressivement vers un autre mode : la réaction.

  • Un problème → une réponse rapide

  • Une tension → une décision immédiate

  • Une urgence → un arbitrage sans recul

Ce mode donne l'impression d'être en mouvement permanent.
Mais il éloigne de la vision.

On ne décide plus depuis un cap.
On décide pour éteindre des feux.

Et plus on est seul·e, plus ce mode s'installe.


Indépendants : décider seul·e sans garde-fous

Chez les indépendants et entrepreneurs solo, la solitude décisionnelle est souvent totale.

  • choix stratégiques,

  • choix financiers,

  • choix de positionnement,

  • choix relationnels avec les clients.

Tout repose sur une seule personne.

Sans espace de confrontation, il devient difficile de distinguer :

  • ce qui est une intuition juste,

  • de ce qui est une peur déguisée,

  • ou une fatigue mal identifiée.


Le vrai problème n'est pas la solitude, mais l'absence de miroir

Décider seul·e n'est pas toujours un problème.
Décider sans miroir, oui.

Un miroir, ce n'est pas quelqu'un qui décide à ta place.
C'est quelqu'un qui :

  • te renvoie ce que tu fais,

  • te questionne sans t'attaquer,

  • met en lumière ce que tu ne vois plus.

Sans miroir, tu tournes en boucle dans tes propres raisonnements.

Tu vas vite…
mais dans un périmètre de plus en plus étroit.


Exemple de coaching : "Je décide vite, mais je ne dors plus"

(Exemple anonymisé)

Quand il arrive en coaching, Marc* est dirigeant d'une PME d'une quarantaine de salariés.
Sur le papier, tout va bien.

Il me dit dès la première séance :

"Je décide vite. J'ai toujours décidé seul. C'est ce qui m'a permis d'avancer."

Mais très vite, autre chose apparaît :

  • fatigue intense,

  • sommeil haché,

  • irritabilité,

  • impression de porter une pression constante.

En creusant, on réalise que :

  • chaque décision est vécue comme définitive,

  • chaque erreur comme personnelle,

  • chaque doute comme une faiblesse.

Marc ne manque pas de compétences.
Il manque d'un espace pour penser sans décider.

Le coaching devient cet espace.

Nous ne travaillons pas sur "comment décider plus vite".
Nous travaillons sur :

  • d'où il décide,

  • ce qu'il porte inutilement,

  • ce qu'il confond entre responsabilité et solitude.

Au fil des séances, il met en place :

  • des temps de recul,

  • des décisions différées quand c'est nécessaire,

  • une posture plus claire vis-à-vis de son équipe.

Résultat paradoxal :
👉 Il décide parfois plus lentement…
👉 Mais beaucoup plus sereinement.
👉 Et surtout, plus justement.


Aller vite n'est pas toujours avancer

Dans un monde obsédé par la performance, aller vite est souvent confondu avec avancer.

Mais aller vite peut aussi signifier :

  • répéter les mêmes schémas,

  • éviter certaines questions,

  • rester dans le connu.

L'absence de contradiction ne rend pas une décision plus forte.
Elle la rend plus fragile.


L'IA et la décision solitaire : un faux allié

Aujourd'hui, beaucoup se tournent vers l'IA pour "ne plus être seuls".

Mais attention à la confusion.

L'IA peut :

  • aider à analyser,

  • proposer des options,

  • reformuler.

Elle ne peut pas :

  • te confronter réellement,

  • porter la responsabilité,

  • sentir ce qui se joue humainement.

Pire : elle a tendance à aller dans ton sens, à confirmer tes hypothèses.

Si tu décides seul·e avec une IA,
tu restes seul·e — avec l'illusion d'un dialogue.


Pourquoi décider à plusieurs ne veut pas dire diluer la décision

Beaucoup de décideurs craignent que partager la réflexion :

  • ralentisse,

  • affaiblisse l'autorité,

  • crée de la confusion.

C'est l'inverse.

Partager la réflexion permet de :

  • clarifier les enjeux,

  • sécuriser les décisions,

  • assumer pleinement le choix final.

La décision reste la tienne.
Mais elle n'est plus isolée.


La posture du décideur aligné

Un décideur aligné n'est pas celui qui :

  • décide tout,

  • tout le temps,

  • seul.

C'est celui qui sait :

  • quand décider,

  • quand différer,

  • quand s'entourer,

  • quand se confronter.

Cette posture ne s'improvise pas.
Elle se travaille.


Le rôle du coaching face à la décision solitaire

Le coaching n'est pas là pour :

  • t'aider à décider à ta place,

  • te donner des réponses,

  • te rassurer artificiellement.

Il est là pour :

  • ralentir le moment juste,

  • élargir ton champ de vision,

  • t'aider à sentir ce qui est aligné pour toi.

C'est un espace où :

  • le doute est autorisé,

  • la contradiction est possible,

  • la décision redevient un acte conscient.


Décider moins seul·e, ce n'est pas être faible

C'est un point essentiel.

Décider moins seul·e n'est pas un aveu d'incompétence.
C'est une preuve de maturité.

C'est reconnaître que :

  • la complexité a augmenté,

  • les enjeux sont multiples,

  • personne ne voit tout seul.


Tu veux aller vite… ou aller juste ?

Décider seul·e te permettra toujours d'aller vite.
Mais la vraie question est :

Où vas-tu ?
Et à quel prix ?

À force de décider seul·e :

  • tu risques de t'épuiser,

  • de perdre la vision,

  • de confondre vitesse et fuite.

Décider avec un espace de recul,
ce n'est pas ralentir.
C'est changer de rythme.

Et parfois, c'est exactement ce qu'il faut
pour aller plus loin.

Tu te reconnais dans cette situation ?

Si tu :

  • portes beaucoup,

  • décides seul·e,

  • avances vite,

  • mais te sens fatigué·e ou isolé·e,

alors ce n'est pas un problème de compétence.
C'est un problème d'espace.

💬 J'accompagne les dirigeants, managers et indépendants qui veulent continuer à décider…
mais sans se perdre à force de porter seuls.

Tu peux me contacter, on prendra le temps de voir si cet accompagnement est juste pour toi.

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