Ultra compétente, sur diplômée et pourtant tu parles dans le vide ?

Le scénario : tu parles… et l'air reste immobile
Tu arrives en réunion préparée.
Tu connais ton dossier. Tu as les chiffres, les risques, les options, les conséquences.
Tu poses une proposition claire.
Silence.
Ou pire : une petite phrase qui te coupe les jambes :
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"On verra plus tard."
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"C'est intéressant, mais…"
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"Oui… enfin bon."
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"On a déjà essayé."
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"Tu peux envoyer ça par mail ?"
Puis, dix minutes plus tard…
Patrice reprend ton idée. Parfois mot pour mot. Parfois avec un léger vernis.
Et là, magie :
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"Ah oui ! Excellent."
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"C'est exactement ça !"
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"Super angle."
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"On tient quelque chose."
Et toi, tu te demandes :
"Qu'est-ce qui cloche chez moi ?"
La réponse la plus importante de cet article :
👉 Ce n'est pas forcément "toi". C'est souvent la manière dont ta parole est traitée dans un système de statut.
Pourquoi ça arrive (même quand tu es brillante)
La compétence ne suffit pas : il y a le "statut perçu"
En réunion, on n'écoute pas uniquement le contenu.
On écoute aussi le rang implicite :
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Qui est "autorisé" à être certain ?
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Qui est "autorisé" à proposer ?
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Qui est "autorisé" à trancher ?
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Qui est "autorisé" à déranger ?
Si ton statut perçu est plus bas (même injustement), ta parole peut être traitée comme :
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un avis,
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une option,
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une suggestion "sympa",
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une note de bas de page.
Alors que la même phrase dite par quelqu'un au statut perçu plus haut devient :
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une direction,
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une décision,
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une vision.
C'est violent, mais fréquent.
Le "formatage" : tu dis vrai, mais tu ne cadres pas
Beaucoup de femmes très compétentes parlent avec une intention saine : être précise, nuancée, honnête.
Résultat : elles ajoutent des amortisseurs.
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"Je me demande si…"
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"Peut-être que…"
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"Je ne suis pas sûre mais…"
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"C'est une piste…"
Tu vois le piège : tu protèges la relation, mais tu fragilises la perception de ton axe.
Patrice, lui, fait souvent l'inverse :
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une phrase courte,
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un ton posé,
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un cadrage "évidence".
Même si le fond est identique.
La réunion récompense l'assurance plus que la justesse
Certaines salles valorisent la vitesse, la domination du tour de parole, l'énergie "je prends la place".
Si tu es plus respectueuse du collectif, tu peux être pénalisée.
Et si tu es "entre-deux" (culture, classe sociale, codes), c'est amplifié : tu fais attention, tu t'ajustes, tu observes… et tu arrives "après".
La reprise d'idée : parfois ce n'est pas du vol, c'est de l'inertie
C'est important : parfois Patrice ne vole pas consciemment.
Il "ré-émet" parce qu'il a l'habitude que sa voix soit validée, ou parce qu'il a entendu ton idée mais l'a intégrée comme "flottante".
Ça n'excuse rien.
Mais ça change ton angle d'action : tu n'as pas besoin de te battre, tu as besoin de verrouiller le crédit.
Le vrai coût : tu doutes, tu te tais, tu t'épuises
Quand tu vis ça répétitivement, tu entres dans un cercle :
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tu prépares encore plus (sur-compétence)
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tu parles avec prudence (sur-adaptation)
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tu n'es pas créditée (invisibilisation)
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tu doutes / tu te renfermes
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tu fais moins entendre tes idées
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on te voit moins comme "force de proposition"
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tu dois prouver davantage
Et tu finis par te dire :
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"Je suis nulle en politique."
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"Je ne sais pas me vendre."
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"Je parle trop."
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"Je parle pas assez."
Alors que le problème est souvent : ta valeur n'est pas traduite en impact dans ce système.
L'exemple : toi en réunion, puis Patrice "le génie"
Scène 1 — Tu parles
"Si on veut réduire le churn, il faut arrêter de pousser l'offre A à tout le monde.
On segmente en trois profils, on change le message, et on pilote sur 30 jours."
Réaction :
"Oui… OK… à voir."
Scène 2 — Patrice parle
"En fait, le churn vient du fait qu'on pousse la mauvaise offre aux mauvaises personnes.
On segmente et on adapte le message. On teste sur un mois."
Réaction :
"Ah voilà ! Excellent. Patrice a raison."
Tu n'as pas rêvé.
C'est la même idée.
Ce qui change, ce n'est pas le contenu.
C'est : le statut, la forme, le moment, l'appropriation.
La question n'est pas "comment être plus brillante".
La question est : comment être entendue et créditée sans te dénaturer.
Les 5 mécanismes qui font qu'on ne t'entend pas (même quand tu as raison)
1) Tu arrives "en mode preuve" au lieu d'arriver "en mode cadre"
Tu poses des détails avant d'avoir posé la direction.
➡️ Les gens retiennent le cadre, pas la démonstration.
2) Tu annonces une idée sans l'installer
Tu dis une proposition, puis tu redescends.
➡️ Or une idée a besoin d'être "tenue" 5 secondes de plus.
3) Tu laisses le crédit flotter
Tu ne nommes pas ton idée comme une contribution identifiable.
➡️ Donc elle devient "l'idée de la pièce".
4) Tu manques d'allié·e·s
Les réunions sont souvent des jeux d'échos : une idée existe quand elle est reprise.
➡️ Sans relais, tu deviens invisible.
5) Tu as une posture de service
Tu veux être utile, pas visible.
➡️ Mais dans certains environnements, l'utilité sans visibilité = exploitation douce.
Ce que tu peux faire : 9 leviers concrets (sans devenir quelqu'un d'autre)
Levier 1 — Ouvre avec une phrase "cadre"
Avant les détails, pose la direction.
Exemples :
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"Je propose qu'on tranche sur X aujourd'hui."
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"Il y a une cause principale, et une action simple."
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"Je résume en une phrase : …"
Levier 2 — Donne un nom à ton idée
Oui, littéralement.
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"Je propose l'approche 'Segmentation 30 jours'."
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"Mon point clé : 'réduire le churn par ciblage'."
Les gens retiennent mieux. Et tu crées un repère.
Levier 3 — Utilise la structure 1–2–3
Une idée = 3 points max.
"1) Segmenter, 2) Adapter le message, 3) Tester 30 jours."
Clair, mémorisable, répétable.
Levier 4 — Tiens le silence
Après ton idée, respire.
Ne remplis pas.
Ne t'excuse pas.
Ne justifie pas.
Le silence installe ton statut.
Levier 5 — Verrouille le crédit en douceur (script)
Quand Patrice répète, au lieu de te crisper :
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"Oui, exactement, c'est ce que je proposais tout à l'heure : segmentation + test 30 jours."
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"Merci Patrice, on est alignés : je le formule comme ça…"
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"Parfait, on peut acter l'idée et je prends la main sur le plan."
Tu ne te bats pas. Tu réattribues.
Levier 6 — Pré-brief un allié
Avant la réunion, tu dis à quelqu'un :
"Si je propose X, peux-tu appuyer et dire que c'est clé ?"
Ce n'est pas de la manipulation.
C'est de l'architecture sociale.
Levier 7 — Écris l'idée dans le chat / compte rendu
Quand tu la dis, tu l'écris.
"👉 Proposition : Segmentation 3 profils + message + test 30 jours."
Tu la rends traçable. Patrice ne peut plus "absorber".
Levier 8 — Change ton "ton de fin"
Beaucoup de femmes finissent en montant (question).
Travaille la fin descendante (assertive).
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"Je recommande X."
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"Mon choix : X."
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"On peut acter X."
Levier 9 — Choisis tes batailles
Tu n'as pas à corriger chaque micro-injustice.
Mais tu dois protéger ton espace.
Ton objectif : impact durable, pas victoire ponctuelle.
Et si tu es "entre-deux" : pourquoi c'est encore plus subtil
Les profils entre deux mondes (culture, classe sociale, identité, codes pro) ont souvent développé :
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une grande intelligence contextuelle,
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une attention aux nuances,
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une capacité à lire la salle.
Mais cela peut produire :
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une prudence excessive,
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une peur d'être "trop",
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un réflexe de minimisation.
Tu ne veux pas déranger.
Tu veux être "correcte".
Et tu deviens facile à ignorer.
Dans ce cas, la clarté n'est pas un style.
C'est une réparation.
Le rôle du coaching : passer de la frustration à la stratégie
Si tu es ultra compétente et pas entendue, tu n'as pas besoin de "confiance" au sens vague.
Tu as besoin de trois choses :
1) Un miroir précis
Tu ne vois pas toujours ce que ton corps, ton rythme, tes formulations signalent.
Le coaching te montre où ta posture se dilue.
2) Une stratégie d'influence alignée
Tu ne veux pas "jouer un rôle".
Très bien.
On construit une influence qui te ressemble : authenticité, responsabilité, impact.
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Authenticité : parler vrai, sans sur-masque, sans sur-justification
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Responsabilité : reprendre la main sur tes limites, ton crédit, tes décisions
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Impact : obtenir un effet réel (décisions, visibilité, reconnaissance, progression)
3) Des scripts et des répétitions
On ne "prend pas sa place" en théorie.
On le fait en situation.
Le coaching sert à :
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écrire tes phrases d'ouverture,
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préparer tes interventions clés,
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entraîner tes réponses quand on te coupe,
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travailler la voix, le silence, la fin de phrase,
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sécuriser ton système nerveux (pour rester stable).
Le point le plus important : tu n'as pas à devenir Patrice
Tu n'as pas à devenir plus bruyante.
Tu n'as pas à devenir plus agressive.
Tu n'as pas à imiter des codes qui te trahissent.
Tu as à devenir :
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plus cadreuse,
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plus traçable,
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plus tenante,
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plus stratégique.
La puissance premium, ce n'est pas le volume.
C'est la stabilité.
Plan d'action simple : 7 jours pour changer la donne
Jour 1 : écris ta phrase "cadre" (1 phrase)
Jour 2 : structure 1–2–3 pour ton idée phare
Jour 3 : prépare un script "réattribution crédit"
Jour 4 : pré-brief un allié
Jour 5 : écris ton idée dans le chat en réunion
Jour 6 : entraîne une fin de phrase descendante
Jour 7 : demande un feedback ciblé : "As-tu compris ma recommandation ?"
Tu verras : ce n'est pas magique.
C'est mécanique.
Conclusion : tu ne parles pas dans le vide. On t'a appris à parler sans prendre l'espace.
Tu es ultra compétente.
Sur diplômée.
Lucide.
Mais dans certains systèmes, la compétence sans cadrage devient invisible.
Tu n'as pas à travailler plus.
Tu as à tenir ton axe.
Et si tu veux le faire vite, proprement, sans te dénaturer :
le coaching t'aide à transformer ta valeur en parole entendue, en crédit assumé, en impact réel.
👉 Tu peux demander une session découverte privée de 15 minutes.
FAQ
Pourquoi une femme n'est pas entendue en réunion ?
Souvent à cause de mécanismes de statut perçu, d'interruptions, de cadrage insuffisant, et de normes implicites qui valorisent certaines postures. La compétence ne suffit pas : il faut aussi rendre la contribution identifiable et traçable.
Que faire quand un collègue reprend mon idée ?
Réattribue calmement : "Oui, c'est exactement ce que je proposais : X + Y + Z." Écris la proposition dans le chat, et prends la main sur la suite ("je prépare le plan").
Comment être plus assertive sans être agressive ?
En posant un cadre clair, en parlant en 1–2–3 points, en tenant le silence après l'idée, et en terminant tes phrases de manière descendante. Assertivité = clarté + stabilité, pas agressivité.
À quoi sert un coaching dans ce cas ?
À diagnostiquer les micro-mécanismes (posture, rythme, cadrage), construire une stratégie d'influence alignée, et entraîner des scripts concrets pour être entendue et créditée.
